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Se draper

Les liures courbes et invisibles qu’on happe au passage Comme les toiles fines des chemins d’enfance Enveloppent d’une douceur à pleurer

​

Fils de la vierge disait-on

Que la main croyait effacer d’un très furtif effleurement

​

Les arbres veillaient sur le piège

Nulle araignée pour prendre proie

On souriait reconnaissant

Heureux de ce trait si intime

Dessiné à même la peau

Creusant des rigoles craquantes

et frissons noirs sur les bras nus

​

Les arbres soufflaient d’un murmure

Et on arrachait leurs secrets
Sans comprendre

​

On s’en drape chaque soir
Ferme les yeux pour suivre leurs couleurs chatoyantes Et le tissu crédule protège de tous
les rires malveillants

 

Le vois-tu disparaître sur ta peau y laissant d’infimes traces ?

© 2018  Béatrice Huaulmé

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