Lignée

Ligne
               Lignée
                                 Tous ces fils qui échappent

 

Le premier nœud n’est pas compté


Irradier et perdre la lumière jour après jour
Les mots sont rugueux comme de sombres accrocs

La main ferrée calme leurs blessures
Gomme les barbelures dans l’oubli silencieux


Pelures de vie
Bribes rapiécées
La part manquante fait aussi mal que le cri de son vivant
On s’accorde pour rétablir le fil
On s’encorde aux mots dans une lignée qu’on voudrait longue comme un horizon sans point


Embrasser l’espace d’un corps entier
Les fils invisibles et sans cesse à réinventer
Les cuisses se crispent s’ancrent plus profond dans la terre immobile

Inexorablement les corps sont reliés comme les doigts qui grippent ce qu’il y a sous la main

 


Même les voies sans issue ont une origine

Un tracé courbe les relie aux premiers fils

© 2018  Béatrice Huaulmé

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